Le lock-out, qu'est-ce que c'est ?

31/08/2011 11:20

Voilà plus d'un mois que la NBA a fermé ses portes. Il y a la trêve estivale, bien sûr, comme chaque année après la draft qui se déroule fin juin. Mais cet été, la ligue nord-américaine est en stand-by. Depuis le 1er juillet, David Stern, les propriétaires des trente franchises et le syndicat des joueurs se font la guerre, entraînant la suspension de toutes les activités de la NBA.

Pour ceux qui n'ont pas du tout suivi cette affaire ou pour les autres qui n'y comprennent rien, je vous propose une semaine "lockout pour les nuls" durant laquelle je reviendrai sur les différents aspects de ce conflit. On commence aujourd'hui avec quelques éléments de contexte, histoire d'entrer en douceur dans les querelles de la NBA.

Alors pourquoi un "lockout" ? La convention collective qui régit la ligue est arrivée à échéance au début du mois dernier et il fallait donc en négocier une nouvelle. Depuis deux ans, propriétaires et syndicat des joueurs se rencontraient plus ou moins régulièrement mais leurs propositions étant si éloignées les unes des autres, aucun accord n'a pu être trouvé avant le 1er juillet.

La ligue n'ayant plus de convention collective en cours de validité, les propriétaires ont voté la mise en place d'un "lockout". Concrètement, cela signifie que tout s'arrête. Les équipe ne peuvent plus recruter ou effectuer des transferts. Les contrats sont suspendus et les joueurs ne sont plus payés, ni assurés. Ceux-ci n'ont plus accès aux installations de leur club et ne peuvent plus communiquer avec leurs dirigeants ou leur staff technique. La NBA, elle, ne peut plus utiliser l'image de ses stars pour assurer sa promotion. Son site internet a ainsi été vidé de son contenu et toutes les photos et vidéos des joueurs de la ligue ont été supprimées ! Pour combler ce vide, les responsables marketing explorent leurs archives. Les images des anciennes gloires à la retraite peuvent en effet être exploitées et les fans qui continuent de se connecter chaque jour sur NBA.com sont donc invités à faire un voyage dans le temps. Drôle de situation.

UNE SAISON RACCOURCIE EN 1998-99

Ce "lockout" durera tant que propriétaires et syndicat des joueurs n'auront pas trouvé d'accord sur une nouvelle convention collective. C'est la quatrième fois de son histoire que la NBA se retrouve bloquée. Les deux premiers "lockout" avaient été brefs. Trois mois durant l'été 1995 et quelques heures en 1996. Surtout, les saisons 1995-96 et 1996-97 n'avaient pas été affectées et les fans avaient pu retrouver leurs idoles à la rentrée.

En revanche, le "lockout" fut beaucoup plus long en 1998. Près de sept mois d'inactivité et une saison 1998-99 raccourcie ! Un accord avait été trouvé le 6 janvier 1999 et la reprise des activités s'était faite le 20 janvier. Au lieu de jouer 82 matches, chaque équipe n'en disputa que 50. Le All Star Weekend fut annulé. Et l'image de la ligue en sortit sérieusement écornée.

Malheureusement pour les amoureux de la balle orange, on se dirige vraisemblablement vers un "lockout" similaire à celui de 1998. Les deux parties ont bien repris les discussions la semaine dernière, soit un peu plus tôt qu'en 1998, mais la réunion n'a duré que trois heures et des plaintes ont été déposées par la NBA qui accuse le syndicat des joueurs de mauvaises pratiques en affirmant que les joueurs ne négocient pas en toute bonne foi avec les propriétaires. Et jeudi, c'est le patron du syndicat des joueurs qui déclarait que la saison 2011-12 avait toutes les chances d'être annulée complètement. Clairement, le climat n'est pas à l'apaisement.

Alors pourquoi tant de haine, vous demandez-vous ? Pour des histoires de gros sous, bien sûr ! En résumant très brièvement, la NBA et les propriétaires affirment qu'ils perdent de l'argent et veulent donc revoir à la baisse la rémunération des joueurs. Sans surprise, ces derniers ne sont pas d'accord et contestent les pertes financières de la ligue et des franchises. Cette question de la répartition des revenus est le principal problème dans les négociations.

Lockout NBA : la répartition des revenus en question

Selon les termes de l'ancienne convention collective qui a expiré au 1er juillet, les joueurs obtenaient 57 % des revenus générés par la NBA. David Stern explique depuis près de deux ans que la ligue et les propriétaires perdent de l'argent, que le modèle économique est cassé et qu'il faut le changer. Selon lui, la NBA perd de l'argent chaque année depuis 2005 et a perdu lors de la saison 2009-10 environ 340 millions de dollars, tandis que 23 équipes sur 30 ont perdu de l'argent.

Avec de tels chiffres, les propriétaires estiment qu'ils sont en droit de demander aux joueurs de réduire leur salaire pour que tout le monde puisse bénéficier du système. Au lieu de 57 % du gâteau, ils voudraient que les joueurs n'en touchent plus que 40 % dans les dix ans. La diminution de salaire serait considérable. Mais à en croire David Stern, c'est le seul moyen pour que la NBA puisse continuer à exister.

Sauf que le syndicat des joueurs conteste ces chiffres. Pire, dans un article très détaillé publié le 5 juillet sur son blog FiveThirtyEight hébergé par le New York Times, Nate Silver a démonté les arguments financiers de la NBA en expliquant que la ligue n'avait pas perdu 340 millions de dollars en 2009-10, mais gagné 183 millions. Nate Silver s'appuie sur des données publiées par les magazines Forbes et Financial World et a dressé un tableau assez instructif des bilans comptables de la ligue entre 1989 et 2010.

Selon ces chiffres, il apparaît finalement que les gains de la ligue ont toujours augmenté, mais que la marge entre les revenus et les dépenses (colonne de droite) a diminué chaque année. De plus de 28 % en 1995, la marge des bénéfices de la ligue est passée à un peu moins de 5 % en 2010. Or, comme l'explique Nate Silver, les salaires des joueurs ne sont pas en cause puisqu'ils ont augmenté proportionnellement aux revenus de la ligue. L'analyste démontre que ce sont en fait les revenus de billetterie qui ont diminué et les dépenses de la ligue autres que celles liées aux joueurs qui ont explosé. Pour le syndicat des joueurs, cela ne fait donc aucun doute : les propriétaires veulent simplement retrouver une marge à deux chiffres.

Dès le lendemain de la parution de cet article, la NBA s'est fendu d'un communiqué démentant point par point les affirmations de Nate Silver. Parce que les affaires vont très mal selon les uns ou pour donner du poids à cette thèse selon les autres, 114 employés de la ligue ont également été licenciés il y a un mois et plusieurs clubs ont aussi annoncé des licenciements. C'est le cas des Charlotte Bobcats, des Detroit Pistons et des Los Angeles Lakers. Mais comme la ligue n'a jamais rendu public ses comptes, libre à chacun de douter des dires de la NBA.

En tout cas, les négociations sont aujourd'hui complètement bloquées sur cette question de la répartition des revenus. "On a toujours été en faveur d'un partage des recettes équitable, mais comme ils ne veulent pas nous montrer leurs livres de comptes", regrettait Billy Hunter (photo), le directeur du syndicat des joueurs, dans une excellente interview publiée dans BasketNews le 28 juillet. Pour lui, il est "impossible d'avoir un deal" tant que le syndicat n'a "pas accès aux livres de comptes afin de se faire une idée précise du montant de ces revenus". Pour le moment, la NBA ne veut pas céder. Le lockout est parti pour durer.

 

Lockout NBA : le salary-cap fait débat

Autre point de blocage dans les négociations entre les propriétaires des clubs NBA et le syndicat des joueurs : l'avenir du salary-cap. Dans la convention collective qui a expiré au 1er juillet, la masse salariale de chaque franchise était régie par un salary-cap, c'est-à-dire un plafond de la somme des salaires annuels des joueurs d'une équipe. Ce salary-cap est identique pour chacune des trente équipes de la ligue et ne peut pas être dépassé. Du moins en théorie.

Pour la saison 2010-11, celui-ci était de 58 millions de dollars, alors qu'il y a vingt ans, il n'était que de 12 millions de dollars environ. Cela donne une idée de l'inflation des salaires depuis 1991, mais aussi des revenus générés par la ligue nord-américaine puisque le montant du salary-cap, qui varie chaque année, en dépend directement.

Notion totalement inconnue en Europe où les clubs ayant le plus d'argent sont souvent ceux qui se retrouvent au Final Four de l'Euroleague, le salary-cap permet en principe de mettre les franchises NBA sur un pied d'égalité, chacune ayant la même masse salariale pour payer ses joueurs. Je dis "en principe" car vous allez voir, ça se complique quand on rentre dans les détails.

Les précédentes conventions collectives négociées par les propriétaires et le syndicat des joueurs ont en effet permis des exceptions au salary-cap. Sous certaines conditions, un club peut le dépasser, la "Larry Bird Exception" et la "Mid-Level Exception" étant sans doutes les deux exceptions les plus connues.

La "Larry Bird Exception", du nom de l'ancienne star des Boston Celtics qui fut le premier à en bénéficier, permet à une franchise de resigner l'un de ses joueurs au salaire maximum sans tenir compte du salary-cap. Quant à la "Mid-Level Exception", elle autorise chaque équipe, une fois par an, à signer un joueur sans tenir compte du salary-cap pour un salaire équivalent à la moyenne des salaires des joueurs NBA.

Il y a de nombreuses autres exceptions au salary-cap que je ne vais pas lister ici. Mais vous comprenez l'idée : cela permet aux clubs de s'affranchir du salary-cap, ceux ayant le plus d'argent étant avantagés sur les autres. La saison passée, les Los Angeles Lakers avaient ainsi la masse salariale la plus importante, à hauteur de 91 millions de dollars, soit 33 millions au-dessus du salary-cap. À l'inverse, avec seulement 44 millions de dollars dépensés en salaires, les Sacramento Kings avaient la masse salariale la plus basse. On appelle ce système un "soft salary-cap", car il est souple.

Or, les propriétaires souhaitaient instaurer un "hard salary-cap", c'est-à-dire un plafond qui ne pourrait pas être dépassé grâce aux exceptions. C'est ce qui se pratique par exemple dans la NFL, la ligue de football américain. Ceci aurait pour conséquence une diminution automatique du salaire des joueurs, surtout si le nouveau plafond de la masse salariale est de 45 millions de dollars, comme le proposaient les propriétaires.

Je parle au passé car devant le refus catégorique des joueurs, les propriétaires ont fait une nouvelle proposition, fin juin : le "flex salary-cap". Celui-ci serait de 62 millions de dollars et autoriserait les exceptions qui seraient toutefois beaucoup moins nombreuses. Mais surtout, il pénaliserait financièrement les joueurs en cas de dépassement.

Le syndicat des joueurs y est également opposé. Ses représentants estiment que cela reviendrait au même qu'un "hard salary-cap" puisque que le plafond se ferait réellement sentir. Par conséquent, ils ne veulent pas en entendre parler. Ceux-ci sont d'accord pour baisser les salaires en diminuant leur part du gâteau (les fameux 57 % des revenus qui leur reviennent), mais sont pour le maintien d'un "soft salary-cap". Ils avancent aussi que les franchises NBA les plus riches pourraient faire preuve de plus de solidarité envers les plus "pauvres" en leur redistribuant une partie de leurs gains.

D'après Romain Brunet, Au rebond

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